SION, 30 août (Le Parisien Matin) – Une ancienne employée du Constellation devait être entendue ce lundi 31 août à Sion dans l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana qui coûta la vie à 41 personnes et fit 115 blessés. Son audition devait éclairer la culture d’entreprise des Moretti et une séquestration présumée de trois salariés au sous-sol.
Une audition attendue à Sion
Elle fut convoquée comme personne appelée à donner des renseignements. Elle travailla près de deux ans au bar avant que la relation avec le couple ne se détériora.
Selon 24 heures, elle transmit à la police un échange WhatsApp révélé le 5 juin lors de l’audition des Moretti. Des avocats de victimes affirmèrent :
« Ce témoignage est incontestablement important, car on n’a pas encore entendu une personne étant restée longtemps au service des Moretti. Elle pourra témoigner de leur culture d’entreprise et des éventuelles instructions relatives à la mousse ».
Le litige porta sur des heures impayées. À l’été 2021, l’employée mit en place un prélèvement dans les caisses avec deux serveurs. Ils furent renvoyés.
Avant tout signalement, Jacques Moretti retint les trois au sous-sol pour exiger un remboursement immédiat. Sous pression, deux collègues cédèrent. Une procédure engagée par les Moretti se conclut par une condamnation suivie d’une conciliation.
Le message sur la mousse
L’échange data du 13 décembre 2019. La propriétaire alerta ses équipes sur les scintillants.
Elle écrivit :
« S’ils [les clients, NDLR] veulent des scintillants faites très attention, restez jusqu’à ce que le scintillant s’éteigne car s’il tombe, sur le canapé ou au sol, ou qu’ils le tiennent en hauteur et crament la mousse au plafond, le Constel brûle ».
Selon Jessica Moretti.
Le message fut versé au dossier pour établir la conscience du risque.
Jacques Moretti possédait un casier en France pour proxénétisme, escroquerie, enlèvement et séquestration. Libéré sous caution de 200 000 francs suisses, il fut replacé en détention à la mi-août pour violences conjugales présumées contre Jessica Moretti, hospitalisée. Deux confrontations restaient prévues à l’automne.
Le feu fut causé par des bougies Bengale qui enflammèrent une mousse acoustique interdite en lieu public. Les enquêteurs relevèrent une chaise devant la sortie de secours et des portes ouvrant vers l’intérieur, bloquant l’évacuation.
Jessica Moretti fut inculpée pour faux pour un devis maquillé en facture. L’affaire compta 17 prévenus, dont une ex-conseillère qui valida la véranda en ignorant des travaux clandestins sans permis depuis cinq ans.


