PARIS, 2 juillet (Le Parisien Matin) – La France a réaffirmé sa volonté de mener des opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz, zone névralgique du transport énergétique mondial. Suite à une rencontre entre le président Emmanuel Macron et le sultan Haitham bin Tarik, les deux nations se sont engagées à collaborer avec des partenaires internationaux pour assurer la sécurité de ce corridor maritime vital. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques marquées avec Téhéran.
La France et le Royaume-Uni dirigent actuellement une coalition regroupant près de 30 pays. Cette alliance vise à mettre en place des patrouilles défensives et des missions de nettoyage des fonds marins. Le déploiement français est d’ores et déjà opérationnel sur zone : trois chasseurs de mines tripartites ainsi qu’une équipe de plongeurs-démineurs, équipés de technologies autonomes de détection, sont positionnés au large. Ils reçoivent le soutien logistique de partenaires tels que l’Allemagne et la Royal Navy.
Le gouvernement iranien s’oppose fermement à cette présence occidentale. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a qualifié l’initiative française de « provocation ». Selon Téhéran, les opérations de déminage relèvent de la souveraineté exclusive de l’Iran en vertu du mémorandum d’accord d’Islamabad, un cadre de paix provisoire signé récemment avec les États-Unis. Pour la France, il ne s’agit pas d’une lutte de pouvoir, mais d’une application stricte du droit international.
L’Organisation maritime internationale (OMI) estime que 80 mines navales demeurent actives dans ce passage étroit. La menace est double : physique et psychologique. Si certaines mines, comme les modèles Maham-3 et Maham-7, utilisent des technologies furtives pour absorber les ondes sonar, d’autres pourraient relever d’une guerre psychologique visant à paralyser le trafic. Cette incertitude a fait grimper les primes d’assurance maritime, augmentant considérablement les coûts de transit pour les pétroliers.
« Nos forces armées proposent leur expertise technique strictement dans le cadre du droit international et lanceront les opérations dès que les conditions de sécurité locales et le contexte politique le permettront », a déclaré un porte-parole du ministère français des Armées.
La coopération avec Oman est au cœur de la stratégie française. En renforçant ses liens avec ce pays, réputé pour sa neutralité, Paris bénéficie d’un levier juridique pour déployer ses navires dans les eaux territoriales omanaises, situées à l’entrée du détroit. Cela permet d’agir tout en contournant les contestations iraniennes concernant une intervention occidentale directe. Parallèlement, le contrôle de la « route nord » par l’Iran, où des taxes de transit sont imposées, reste un point de friction majeur que les puissances européennes considèrent comme une ligne rouge financière.


