TÉHÉRAN, 28 juillet (Le Parisien Matin) – C’est à Mascate, au cœur du sultanat d’Oman qui fait face à l’Iran de l’autre côté du détroit d’Ormuz, que l’impasse pourrait se dénouer.
Selon une source du Golfe, Oman a obtenu le soutien des États voisins pour un plan qui permettrait à Téhéran de percevoir des redevances volontaires pour l’utilisation de ce passage stratégique, par lequel transitait un cinquième du pétrole mondial avant la guerre.
Un compromis inspiré du détroit de Malacca
La proposition omanaise écarte l’idée d’un contrôle exclusif par l’Iran. Au lieu d’un péage obligatoire, jugé illégal par Washington, les États importateurs et les armateurs seraient invités à verser une contribution volontaire.
L’argent financerait l’aide à la navigation, la protection de l’environnement et les opérations de sauvetage.
Le modèle est directement calqué sur celui du détroit de Malacca en Asie, où l’Indonésie, la Malaisie et Singapour fonctionnent avec ce système souple depuis des années.
Pour sceller ce soutien régional, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi s’est entretenu lundi avec ses homologues omanais et saoudien en insistant sur la nécessité d’une coopération régionale.
La fin d’un blocus né de la guerre américano-israélienne
L’Iran avait de facto fermé le détroit aux navires étrangers après les frappes américaines et israéliennes lancées le 28 février.
Un premier accord de réouverture partielle conclu avec Washington s’est effondré début juillet après des tirs iraniens sur des navires empruntant un chenal non approuvé.
Téhéran réclamait alors le droit de gérer le détroit avec Oman et d’imposer des frais de service, tandis que Washington exigeait un retour à la libre circulation sans paiement.
Le président Donald Trump, qui a brutalement interrompu une campagne de bombardements de treize nuits sur les conseils de ses commandants, a menacé de reprendre les frappes si les négociations échouent.
Il a résumé l’état d’esprit à la Maison Blanche en déclarant :
« Je pense qu’il y a de bonnes chances que quelque chose se produise, et si ça arrive tant mieux, sinon on recommence comme il y a deux jours ».
Un soulagement immédiat pour les marchés pétroliers
La perspective d’une sortie de crise a immédiatement détendu les marchés. La fin des bombardements a fait chuter les cours de près de 8% lundi, une baisse qui s’est poursuivie mardi avec un baril de Brent autour de 86 dollars.
Un cadre de discussions entre Washington et Téhéran, convenu en juin et censé aboutir d’ici fin août sur le nucléaire et la sécurité maritime, reste fragile, les deux capitales s’opposant toujours sur l’interprétation du texte concernant la liberté de transit.


