WASHINGTON, 27 juillet (Le Parisien Matin) – Depuis Washington, Donald Trump durcit le ton face à Téhéran. Le président américain affirme que les États-Unis sont engagés dans des négociations à un stade avancé avec l’Iran tout en se disant prêt à ordonner une reprise des opérations militaires si la voie diplomatique n’aboutit pas rapidement.
Interrogé par Axios, le locataire de la Maison Blanche a expliqué que la fenêtre de négociation était extrêmement courte. Il a résumé sa position par une formule directe sur le tempo des discussions, estimant qu’elles doivent aller vite ou ne pas avoir lieu du tout. Selon lui, Washington est aujourd’hui engagé comme jamais dans ce dossier avec une seule citation à retenir de cet entretien :
« Nous sommes en pourparlers très profonds avec l’Iran ».
Le président a révélé avoir ordonné vendredi une pause des frappes américaines visant des cibles iraniennes dans le sud du pays et autour du détroit d’Ormuz. Cette décision serait intervenue après une réunion avec ses principaux conseillers et des responsables militaires qui lui présentaient un nouveau plan d’attaque. Tous les acteurs chargés de la médiation lui auraient demandé de ne pas frapper.
Les discussions impliquent directement Oman, mais aussi le Qatar, le Pakistan, l’Égypte ainsi que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Trump estime n’avoir rien perdu à cette pause, soulignant que les prix du pétrole ont reculé et que les marchés boursiers ont progressé après l’annonce.
L’enjeu immédiat des pourparlers porte sur la sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, par où transite près de vingt pour cent du pétrole mondial. D’après des sources régionales, les échanges entre Mascate et Téhéran progressent sans qu’un accord n’ait encore été scellé.
Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi a multiplié les appels avec ses homologues iranien, qatari, saoudien, koweïtien et égyptien pour évoquer des arrangements pratiques, justes et durables pour la navigation maritime.
Une des pistes étudiées serait la perception de frais de services raisonnables pour la sécurité maritime et la protection de l’environnement, sur le modèle du détroit de Malacca où la Malaisie, l’Indonésie et Singapour facturent des services précis plutôt qu’un droit de transit global. Une autre option consisterait à créer un fonds commun administré avec l’Organisation maritime internationale.
La séquence diplomatique doit se poursuivre mardi à la Maison Blanche avec la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, rencontre centrée sur le dossier nucléaire iranien. En arrière-plan, le dispositif militaire américain reste massif avec le porte-avions USS Abraham Lincoln déjà déployé dans la région et l’USS Gerald Ford en route.
Côté iranien, le ton reste ferme, avec une volonté affichée de négocier de manière équitable mais sans céder sous la menace ni sur le programme de défense balistique.


