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Home»Monde»Dix morts en Ukraine après une frappe massive russe avec des missiles nord-coréens
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Dix morts en Ukraine après une frappe massive russe avec des missiles nord-coréens

Frida GhitisPar Frida Ghitismardi, 11 aoûtAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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KIEV, 11 août (Le Parisien Matin) – L’Ukraine a annoncé mardi que des frappes russes nocturnes avaient tué au moins dix personnes et en avaient blessé des dizaines à travers le pays. Le président Volodymyr Zelenskyy a confirmé que Moscou avait tiré des missiles balistiques nord-coréens lors de ce bombardement massif du 11 août.

Un bombardement meurtrier sur plusieurs régions

La ville du sud-est de Zaporijjia fut la plus durement touchée. Six personnes y perdirent la vie et 19 autres furent blessées. La cité fut visée par des missiles balistiques nord-coréens, des missiles hypersoniques Zircon et des bombes guidées.

Trois civils supplémentaires furent tués dans la région de Dnipropetrovsk. À Kiev, les frappes endommagèrent un hôpital de maladies infectieuses et un hôpital pour enfants.

Le commandant de l’armée de l’air, Mykola Oleshchuk, a rapporté que la Russie avait déployé quatre missiles balistiques KN-23 de fabrication nord-coréenne. Les engins furent lancés depuis la région occidentale de Voronej, en Russie.

Le KN-23 dispose d’une capacité de charge utile importante et d’une portée supérieure à celle de l’Iskander russe, mais d’une précision inférieure.

 

Une unité nord-coréenne intégrée à l’armée russe

Ce barrage intervint après la révélation par le renseignement ukrainien du déploiement formel d’une unité nord-coréenne dédiée dans la région de Voronej pour assister les forces russes.

Selon Andrii Cherniak, du renseignement de défense ukrainien, un bataillon spécialisé d’environ 90 personnels a été intégré directement au sein de la 112e brigade de missiles russe. L’unité doit opérer six lanceurs et 120 missiles balistiques à courte portée.

Un lot initial de 40 missiles, principalement des modèles KN-23 et KN-24, aurait déjà été livré avec du personnel technique nord-coréen pour préparer les tirs.

Miniature YouTube montrant Volodymyr Zelenskyy et un missile en vol avec un bandeau d'alerte sur des troupes nord-coréennes

Des défenses aériennes saturées

Selon la BBC et Reuters, l’Ukraine rencontra de graves difficultés à contrer ces projectiles balistiques rapides en raison d’une pénurie aiguë d’intercepteurs haut de gamme comme le système américain Patriot.

Le taux d’interception global des missiles chuta de 67% à 44%. L’Ukraine n’aurait reçu qu’environ un tiers des intercepteurs antibalistiques nécessaires.

Le président Volodymyr Zelenskyy a renouvelé ses appels urgents aux alliés internationaux. Il a déclaré :

« La Russie ne peut pas faire la guerre seule ».

Kiev a averti les nations de la région Asie-Pacifique que Pyongyang utilisait l’Ukraine comme terrain d’essai grandeur nature pour corriger les angles morts de ses systèmes.

Selon Kiev, Pyongyang fournirait jusqu’à 60% des obus d’artillerie et de mortier utilisés par les forces russes et aurait déjà déployé entre 30 000 et 50 000 soldats lors des contre-offensives à Koursk.

De fournisseur à cobelligérant

Ce qui frappe dans ce bombardement du 11 août, ce n’est pas seulement le bilan humain. C’est le changement de nature de la guerre elle-même.

Pendant deux ans, l’aide nord-coréenne à la Russie fut une affaire de stocks : des obus, des roquettes, des caisses livrées discrètement par train. Désormais, on parle d’hommes en uniforme, de lanceurs opérés conjointement, d’ingénieurs qui corrigent les tirs en direct.

L’intégration d’un bataillon de 90 Nord-Coréens au sein de la 112e brigade russe n’est pas de la sous-traitance. C’est de la co-belligérance assumée.

Militairement, le calcul de Moscou est froid. Le KN-23 est moins précis que l’Iskander-M, mais il porte plus lourd et plus loin. Et surtout, il est disponible.

La Russie puise dans un arsenal qu’elle ne produit pas, pendant que l’Ukraine compte chaque intercepteur Patriot comme une denrée rare. La chute du taux d’interception de 67% à 44% raconte cette asymétrie mieux que n’importe quel communiqué.

Politiquement, l’aveu est double. Pour Volodymyr Zelenskyy, qui lance que la Russie ne peut plus faire la guerre seule, c’est la preuve que l’isolement fonctionne.

Pour le reste du monde, c’est un signal inverse et inquiétant : l’Ukraine est devenue le polygone d’essai de Pyongyang. Chaque missile qui rate une cible militaire et s’écrase sur un hôpital fournit des données. Des données qui, demain, serviront face à Séoul, Tokyo ou Manille.

On assiste à une mondialisation du front. La guerre ne s’est pas seulement prolongée. Elle a changé d’échelle.

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